Ces dernières années l’on a pu assister à la déferlante d’un rock new-yorkais plus qu’inventifs : Clap Your Hands Say Yeah, TV On The Radio, The Yeah Yeah Yeahs, MGMT (The Management), ou encore les célèbres Interpol et autres Strokes. Tous dans des genres différents ont contribués à un revival populaire du « Sound from NY ».
Aujourd’hui, notre intérêt portera sur les derniers-nés de cette scène : les Vampire Weekend.
La première fois que j’ai entendu ce nom, j’ai pensé à un groupe finlandais de speed-heavy-destructo-trash métal à tendance déguisement façon Christopher Lee dans « Horror of Dracula ». Et en fait de vikings blonds, il s’agit d’intellectuels diplômés de Columbia avec des chemises repassées qui ne semblent jamais avoir de plis. Des BCBG’s en somme.
Après des débuts sur le Net, comme leurs aînés de Clap Your Hands Say Yeah, ils sont signés chez XL Recordings (le label de Radiohead, Whites Stripes et autres Raconteurs). Et en 2008, ils dévoilent leur premier enregistrement éponyme.
Mansard Roof ouvre l’album sur un rythme désordonné du synthé, soutenus d’abord par la voix d’Ezra Koenig et ensuite par un ensemble de cordes. Des percussions tribales viennent arranger quelque peu l’aura de folie douce de cette ouverture.
Petit aparté : pourquoi des rythmes tribaux ? Parce que le groupe s’est clairement tourné vers l’Afrique pour en dégager quelques influences positives. Cela se ressent à l’écoute de l’album concernant les rythmes et une certaine bonne humeur immanente à certains morceaux de ciel bleu tombé sur l’Afrique. De plus, les membres du combo décrivent leur musique comme de l’ « Upper West Side Soweto ». Primat de l’originalité pour cette définition ! Mais notons que si Soweto est en Afrique du Sud, leur influence africaine reste le soukous du Congo. Mais ce ne sont là que des précisions dispensables à l’écoute de ce fameux son « Upper West Side Soweto ».
La deuxième plage,
Oxford Comma, emprunte un ton enjoué pour railler la littérature à Oxford. Côté musique on appréciera les petites envolées aigues d’Ezra Koenig.
A-Punk est un assemblage de joyeuses guitares, agrémentée de l’orgue de Rostam Batmanglij (crédité comme multi-instrumentiste, producteur, et ingénieur-mixeur sur l’album, rien que ça !) le tout soutenu par une section rythmique solide. Rien à redire, ce troisième single fera des ravages dans les charts indés.
Vient ensuite
Cape Cod Kwassa Kwassa, qui est à la fois le premier simple du groupe, venu en éclaireur en 2007 avant la sortie de l’album, et aussi le morceau le plus caractéristique quant à leur son. On retrouve quelques éléments du soukous, c'est-à-dire un afro-beat typique et des improvisations mélodiques de guitares. Vampire Weekend fait un bel effort d’assimilation sur cette plage et y ajoute en guise de final un petit solo d’orgue. À signaler aussi que ce morceau est classé par l’influent magazine Rolling Stone au 67ème rang de la meilleure chanson de l’année 2007.
M79 est ma chanson coup de cœur de l’album. L’introduction de l’orgue et des cordes, suivie de la batterie et d’une autre session de cordes est irrésistible. La voix d’Ezra Koenig est une ode à la légèreté juvénile, et le trio qu’elle forme avec la basse et la batterie, avant que la guitare ne les rejoigne, permet de l’apprécier comme jamais. Par la suite, le mélange des cordes, des chœurs, des autres instruments nous offre un désordre ordonné, démontrant ainsi les facultés d’orchestration de Rostam Batmanglij.
Campus quant à elle évoque la nostalgie de la vie estudiantine, le moment où l’on quitte le campus et que l’on doit « entrer dans le monde professionnel ». La ligne de basse répétitive est bien conçue et s’accorde sur ces paroles mélancoliques.
La plage suivante,
Bryn, est la chanson type qui jouée en acoustique et en omettant les percussions tribales, serait le souffle de l’album, la pause lors des concerts. Mais Vampire Weekend a de l’énergie, et pas le temps pour se reposer.
One (Blake's Got A New Face) est une forme de marche militaire à la sauce Vampire Weekend. Ce qui veut dire qu’en dehors du rythme carré, les paroles évoquent tout sauf l’amour de la patrie, les bienfaits de l’armée, et autres poncifs du genre. Non, rien que des plaisirs légers comme le thé Darjeeling et les breakfast anglais, ou des vacances à Old San Juan.
Ensuite,
I Stand Corrected vient nous raconter des histoires de filles d’un soir, tout cela sur fond de synthés aériens de violoncelles et d’une batterie un peu assourdie. Une bonne chanson d’ambiance en somme.
Avant-dernier morceau,
Walcott joue la carte du piano fou, assagi par l’entrée en matière de la voix. Cette folie reprend de plus belle par après, mais elle est une nouvelle fois stoppée, par un violoncelle en plus de la voix cette fois. Par la suite, re-démarrage en trombe, le piano est rejoint pour le final dans un tourbillon de voix, de violons, de clavier, de guitares et de batterie.
Finalement, c’est à
The Kids Don't Stand A Chance que revient la fin de l’album. Chanson classique comparé à d’autres, elle recèle néanmoins quelques trésors d’inventivité telle l’utilisation intermittente du clavecin et du violon.
Vampire Weekend nous sort un premier album de qualité. Reconnu par la critique en attendant une reconnaissance commerciale, ils évoluent dans leur univers entre New-York et l’Afrique. Malgré ce côté exotique, ne nous leurrons pas, Vampire Weekend reste un groupe d’intellectuels bourgeois qui aiment les plaisirs simples. Mais laissons-leur une imagination débordante devenue une denrée rare ces temp-ci.
L’édition limitée japonaise est crédité de deux bonus tracks :
Ladies of Cambridge – 2:39
Arrows – 3:04
http://www.vampireweekend.com/http://www.myspace.com/vampireweekendDates de sorties et label :
-Grande-Breatgne 28/01/2008
XL Recordings
-États-Unis 29/01/2008
XL
-Japon 08/02/2008
WEA