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samedi 12 juillet 2008

Beck - Modern Guilt

Label : Interscope Records
Sortie : 07/07/2008
Myspace - Site officiel
Cote : 8/10



Pour ce huitième album de Beck, c’est Danger Mouse, de Gnarls Barkley, que l’on retrouve à la production. Comme quoi, le monde est petit. On dit de Brian Joseph Burton (le vrai nom de Danger Mouse) que malgré son éclectisme, il pose d’une manière ou d’une autre sa griffe chez chacun des artistes qu’il produit (à son actif par exemple : Gorillaz, The Rapture, The Good the Bad and the Queen…).

C’est probablement l’époque qui veut ça : l’artiste moderne voit s’effriter ses frontières musicales autrefois si sûres. Alors que Danger Mouse se dit tiraillé entre le rock et le hip-hop, Beck est comme perdu dans une bulle temporelle ou les batteries rock et les samples rythmiques cohabitent dans un déchaînement jouissif commun. Cet aspect n’est évidemment pas absent de Modern Guilt.

L’ouverture du bal intergalactique qu’est Orphans est planante, astronomique, inquiétante. Ca finit pourtant par péter, et ce Big Bang (presque) originel annonce la véritable couleur d’un album au rythme soutenu. Plus encore que Orphans, le futur hit Chemtrails fait furieusement penser à At War wih the Mystics (2006), dernier album en date des Flaming Lips. Et pour cause : le troisième titre de Modern Guilt est une odyssée spatiale rouge-orange qui décolle parfois subitement avec la puissance d’un réacteur en flammes. La progéniture hyperactive de Pink Floyd. La similitude avec les Flaming Lips est d’autant plus frappante qu’on peut s’amuser à comparer leur critique de la politique américaine avec le commentaire social ironique de Beck.

On passera rapidement le titre éponyme de l’album, un morceau au fond assez plat égayé seulement par quelques samples électroniques rondouillets. Ca redevient intéressant avec Youthless à la complexité rythmique poussée permise par un bidouillage de machines cher à Beck. Même constat avec Walls, qui par sa densité frise cependant l’overdose. Suit le drumesque Replica aux sons saturés.

Soul Of A Man marque le retour franc à un son plus roots, bien qu’encore parsemé de quelques samples ; on entend cette fois distinctement une batterie et une guitare. Beck pousse volontairement jusqu’à la saturation de garage dans Profanity Prayers qui a du lui rappeler ses débuts influencés par le punk. L’album s’achève avec le calme Volcano, une balade rock façon Beck qui n’échappe à un travail aux machines. Le volcan qui a déversé toute son feu se rendort ainsi au terme de dix titres pour la plupart détonants… jusqu’à la prochaine éruption.

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