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lundi 7 juillet 2008

3e journée à Werchter 2008

La troisième journée de Werchter était cette année l'une des plus prestigieuses, ne fut-ce qu'avec la présence de Radiohead. L'occasion pour nous d'en faire un bref récit "comme si vous y étiez" !
La journée prend véritablement son envol avec Gossip, deuxième concert sur la Main Stage. La ronde Beth Ditto dispense sa voix entraînante sur fond électro à un public aux yeux encore bouffis. On sait quel difficile exercice consiste à introduire les festivités à Werchter (l'année passée, le chanteur des Chk Chk Chk avait du aller jusqu'à assommer un pauvre chauve du premier rang avec un pied de micro*). La musique dansante de Gossip met bien en jambes pour la suite.

Toujours sur la scène principale, les Hives débarquent avec leur énergie débordante et leurs traditionnels costumes. La chanteur-dynamite Pelle Almqvist, avec son air de Luke Skywalker et son sourire charmeur, a fait l'unanimité. Pour lui, la distance de sécurité ne s'est pas vraiment révélée être un obstacle puisqu'il n'a pas hésité à grimper sur les barrières pour prendre le pouls de son public (et il est l'un des seuls à l'avoir fait ce jour-là). On ne sait quelle substance le guitariste Nicholaus Arson avait ingurgité pour avoir les yeux exorbités de cette manière. Tous étaient en tout cas entrés dans une transe communicative.

Ensuite vinrent les Editors, ces cousins d'Interpol (musicalement parlant) et avec eux la pluie. La voix grave et profonde de Tom Smith, à défaut de la faire cesser, nous a alors réconforté.

Les Kings of Leon, déjà présents l'année passée, n'ont pas vraiment surpris, sinon que le chanteur, qui avait l'air de faire un bad trip sur scène il y a un an, a débarqué avec un nouveau look (ses cheveux ne font plus penser à Capitaine Caverne) et était un chouilla plus ouvert à son public. En même temps sous la toile de la Pyramid Marquee se produisait Kate Nash. La disposition scénique était originale : le piano tournait le dos au public et Kate lui faisait face. Hélas, un mystérieux ressort sur son siège faisait sautiller la jeune femme, qui du coup avait quelques problèmes de synchronisation avec son micro. Résultat : un son crade et saccadé. La grosse déception du jour.

En revanche KT Tunstall a tout de suite mis l'ambiance dans la pyramide avec sa jolie voix et ses compositions pop plus facilement accessibles que dans le cas d'autres groupes. Elle a finalement mis le feu en concluant avec son dernier gros tube Suddenly I See. Au même moment sur la Main Stage, Ben Harper et son excellent groupe d'accompagnement les Innocent Criminals, faisaient très bonne impression, avec notamment des solos endiablés, d'abord Ben avec sa guitare posée sur ses genoux, puis au djembé. Le public fut enthousiaste malgré un rythme plus doux et une ambiance plus suave que lors des concerts précédents.

Le succès international de Gnarls Barkley n'a pas entamé l'humilité et l'autodérision de Cee-Lo qui a fait irruption sur scène affublé de lunettes de star dont il s'est rapidement débarrassé. Ici, pas de show prétentieux ou mystique : il s'agissait simplement de prendre son pied. Le public a suivi et a découvert, au-delà de tubes comme Crazy, le son beaucoup plus rock'n'roll de Danger Mouse et Cee-Lo. La voix puissante de celui-ci, que ne semblait pas pouvoir contenir ce petit corps trapu et tatoué de toutes parts, a fait mouche auprès d'un public en délire. Autre ambiance, autre mise en scène pour Sigur Ros dont la voix envoûtante du chanteur et la scénographie cosmique ont produit un tel effet sur certains qu'ils se seraient évanouis.

Arrive enfin le groupe que la plaine entière attendait avec une fébrile impatience, un groupe désormais mythique voire légendaire à tel point que les groupes précédents, comme envieux du public, l'ont cité comme un véritable messie : Radiohead. Le combo a débuté par de longues intros instrumentales ; l'ennui pour les non-adeptes, l'extase pour les fans. Comme à son habitude, Thom Yorke, ce jour-là perdu au milieu de tubes luminescents posés sur la scène, reste dans une bulle qui resterait hermétique si sa musique n'était pas transcendante. Il a donc fallu attendre le rappel pour redécouvrir enfin les désormais classiques 2+2=5, Idioteque, etc.

* : rassurez-vous, il s'agissait d'un accident et le chanteur a interrompu le concert pour prendre de ses nouvelles.






Jean et Célie

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